Agonie du roi cette muse a d'autres rimes




Venez, mes tristes frères,
Chez Nelligan meurt.
lance des clameurs
Avec ses funéraires.

dit le mot « viatique »,
veut aider sa mort
Et lui verse un café bien fort
Au milieu des antiques.

C'est bien de finir dans ton pieu,
Cochonfucius te dit adieu.
met un genou à terre.

gardes-tu ton espoir ?
Tous les du monastère
Iront boire à Cluny ce soir.





chez Nelligan où Johannes Paulus meurt
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Nelligan

L'amour immaculé n'étant pas de ce monde,
Dans une aubade rouge il mit sa joie profonde.
L'automne était pour lui solitaire saison,

Béatrice ayant fui la commune maison,
Bergère trop volage, aux décisions bien lestes
Inspirées par Dieu sait quel doux billet céleste.

C'était l'automne... et les feuilles tombaient toujours.
Caprice blanc, la neige advint dans les trois jours.

Chapelle dans les bois devenue tombe blanche,
Chapelle de la morte, un arbre dessus penche,
Chapelle ruinée dont l'allure aurait séduit
Charles Baudelaire ou des rêveurs comme lui.

Dans son château rural, le fier poète écoute
Chopin en descendant un whisky pour la route.
Un Christ en croix le voit d'un air sage et profond,
Il fait un clair de lune intellectuel à fond.

Sur son clavier d'antan il compose des rimes
Chantant les coeurs blasés que leurs amours dépriment,
La communion pascale et le gigot d'agneau ;
Dans l'allée travaille un jardinier solognot.

Or, devant deux portraits de ma mère en enfance,
Et devant mon berceau chargé de souvenances,
Un diptyque envahit mon imagination.

Ah, ce frisson d'hiver refroidit mes passions,
Gretchen la pâle amie de mes jours bucoliques
D'hiver continental, presque mélancolique,
M'invite-t-elle en son sentimental jardin ?

Une vierge, une rose y languit ce matin,
Chantée par l'organiste, au paradis éclose,
Oł la Bénédictine un air nouveau compose.