encore un sonnet
Cochonfucius vu par Stéphane Cattaneo


Cette intervention prend la forme d'un sonnet.

S'agit-il d'un sonnet nocturne ? Peu importe.

Un inframonde

A l'Est chaque matin apparaît le soleil
Tout le jour il avance et donne sa lumière
Et chaque jour il tombe à son heure dernière
Derrière l'Ouest il semble abriter son sommeil

Mais il est obligé de rester en éveil
Car pour se lever à sa place coutumière
D'Ouest en Est il lui faut franchir la Terre entière
Avançant sous le sol d'un effort sans pareil

A moi ma nuit aussi est dans un inframonde
Un univers bizarre où la magie abonde
Où le décor est sombre et les êtres tordus

Et j'aime ce parcours dans un étroit tunnel
Inframonde au pouvoir des dieux originels
Et du plus grand d'entre eux un amour éperdu


* * *


      dans les profondeurs

      Voix contre voix, deux coeurs perdent la note intime.
      Leur sang les fait trembler, l'air leur devient pesant ;
      Et même quand leurs mots se veulent apaisants,
      C'est un désespoir nu qui aux souffles s'exprime.

      L'amour, qui de leur vie se voulait rive ultime,
      L'amour, qui point ne doit se montrer malfaisant,
      Leur parle de malheur, et même, en se taisant,
      Transforme chaque nuit en effrayant abîme.

      Le rêveur aguerri, au creux d'un cauchemar,
      De son sens poétique a fait un étendard :
      Monstres, je vous connais, produits par ma nature.

      Quand j'étais un enfant, vous m'avez fait grandir ;
      Face à vous je n'ai plus le besoin de brandir
      Le courage insolent des êtres immatures.