un index des premiers vers des sonnets
de Cochonfucius

Cochonfucius vu par Stéphane Cattaneo
















Abel, ce n'est pas moi, c'est cette lourde pierre

Abélard, dont le peuple admirait les discours

Abimélek a fait exterminer ses frères

Acceptant le plateau, Salomé, stupéfaite

A chaque nouveau pape est, paraît-il, offerte

Adam aimait l'amour sans avoir jamais vu

Adam aurait voulu rester singe docile

Adam dit à Caïn : « De Dieu tu es l'image. »

Adam parle aux oiseaux et se confie aux plantes

Adam, pieds dans le sol, orgueilleux paladin

Adam pour son jardin se bricole une horloge

Adeline est charmante et Béatrice est belle

Ah, j'aimerais chanter des chansons dans le vent

Aion dit à Kairos : « Ecrivons un sonnet »

A l'arrêt d'autobus, un homme a son regard

A l'Est chaque matin apparaît le soleil

Alice parcourant le Pays des Merveilles

Allons marcher, dit-il, au long de cette plage

Allons marcher, dit-il, où sont les bouquinistes

Allons-y, dit le chat en enfilant ses bottes

Antoine Parmentier, célèbre botaniste

Apollinaire a dit : « Il neige, on voit des anges »

Apprenons chaque jour la force du silence

Assis au bord de l'eau, je compose un sonnet

Astronautes, jadis, ayant quitté la Terre

À travers la vapeur splendide

Au début de sa vie, le poète chantonne

Au-dessus du jardin dansent les hirondelles

Au long du jour, mon esprit se repose

Au métier de poète il s'attache une crainte

Au pâturage blanc, la noirceur des corbeaux

Au poussiéreux grenier, ce soir, je suis monté

Au tout-puissant César il manquait une chose

Aux abords de la tombe, en rimeur je me change

Aux antipodes du plaisir

Aux confins s'en aller, loin, très loin du plaisir

Avant toute recherche, il faut des expériences

Avec aucun organe on ne perçoit le temps

Avec quoi, beau rimeur, sinon avec ton âme

Avril a déployé sa force lumineuse

Ayant pincé la truite exquise qui grommelle

Ayant sur son chemin trouvé une oie magique

Ayant tout exprimé, l'homme peut sen aller



Bal noir, (un blanc), Cri roux, Fût safran, Mot azur

Belle chose, un débat qui soudain prend son vol

Bouddha ne parle pas. Chaque fois qu'un adepte



Çà et là deux ou trois photos

Calcul du poids d'un jour à la froidure enclin

Camper, tels deux oiseaux, sous la voûte ogivale

Ceci est un sonnet, mais ceci est un code

Ce corps meurt par fragments et ne se voit mourir

Celui qui va lisant, écoutant un poème

Ce n'est pas évident de construire des rimes

Ce qui nous fit vibrer ce fut vivre hors la loi

Ce qui nous vient de Dieu, parfois il le réclame

Certaines nuits d'hiver, notre existence est rude

Certains jours, l'univers nous séduit en esprit

César a dit adieu à la reine égyptienne


César buvait un coup avec Panoramix

César s'en expliqua un beau jour à sa femme

Ce sonnet est symbolique

Ce sont les nièces des vampires

Ce sont les oncles des crapauds

C'est la nuit que l'ondine approche des rivages

C'est la rose de marbre, en haut d'un piédestal

C'est Marie-Madeleine, une humble pécheresse

C'est sur un tapis bleu qu'est le trône royal

C'est, tout près de la Chine, un coin de paradis

C'est un cavalier jaune, il veut que je lui dise

C'est une fleur et non, ça ne peut en être une

C'est un éléphant jaune, il voudrait que j'achète

C'est un jeune marin qui chante pour les filles

C'est vrai qu'il est serein, le moral des bouddhistes

C'étaient trois écoliers qui glanaient sur la lande

Cette année d'ermitage, elle ne fut point vaine

Cette page d'écran a la blancheur du cygne

Cette vie n'est pas outrageuse

Ceux sur qui, du trépas, passe la froide haleine

Change l'univers aussi vite

Changent les temps, changent les volontés

Chaque jour est le jour de ma résurrection

Charlemagne, empereur à la barbe fleurie

Chercher, c'est être explorateur

Chercheur d'or, essayant de rester impassible

Cochonfucius a dit : un chien vivant vaut mieux

Cochonfucius, dans sa jeunesse

Comme un homme égaré dans la forêt profonde

Compère lévrier, camarade tatou

Composer un poème est un acte de foi

Connaissons-nous l'amour, au-delà des symptômes

Construire le réel n'est pas une entreprise



Daniel dit : Je suis pur du geste qui profane

Danse onirique et noire, et pure, et silencieuse

Dans la nuit étoilée s'éleva Lucifer

Dans le jardin du barde, à la saison nouvelle

Dans le monde d'Escher, une roue reçoit l'eau

Dans le soleil couchant danse un éléphant rose

Dans notre quotidien, les accords du violon

Dans sa coquette et riche et noble résidence

Dans son jardin, quand se baigna Suzanne

Dans une maison mauve habite un Australien

Dans un monde envahi d'obscure transparence

Dans un pays de neige, on voit des créatures

Dans un petit album au dos de percaline

De ce siècle il retient le sourire d'Hélène

De forum en forum, plusieurs voix se répondent

De Morgane et Merlin la rupture écoutez

Derrière le soleil se cache une planète

Dès l'aube un mulet bleu s'est figé comme un porc

Des pages d'un livre il s'abrite

Des paroles nous vient illusion de puissance

De tant de doux plaisirs ma vie fut étoilée

Deux étions qui aimions nous tenir auprès d'elle

Dialogue entre raison et violente passion

Dieu a-t-il défendu, Dieu peut-il interdire

Dieu avait réuni, dans un premier Jardin

Dieu sonnait pour avoir son café matinal

Dimanche, un oiseau bleu a demandé au roi

D'innombrables sonnets s'ébattent dans ma tête

D'inspiration, cette fureur divine

Disciples, ne soyez pris dans les apparences

Dis, ma vie, ai-je su te construire en droiture

Doumé voulait planter quelques pommes de terre

Du Bellay, dont le chant nous montre un art de vivre

D'un sonnet, certains jours, s'entrecoupe un silence

Du pays de mémoire un chant m'est parvenu



Émile Nelligan trouve belle sa blonde

En ouvrant mon courrier le trois novembre au soir

En plein hiver, le chef de Piaf-Tonnerre

En rêve il se souvient de celui qu'il était

En rêve, j'accomplis un stage pour être ange

En rêve, j'ai construit une étrange machine

En rêve j'entendis une chanson gitane

Ermite et moine ont tort de s'affronter en rimes

Escargot, compagnon qui jamais ne te plains

Escargot sur ma fenêtre

Escher fut un démiurge à la vision fertile

Est-ce la même voix, est-ce la même peau

Est-ce la perception qui nous permet de voir

Est-il un filigrane, ô Toile, pour tes pages

Étienne, as-tu vraiment cru ta liberté morte

Étrange est ce métier que l'on fait en rêvant

Et si des cauchemars surviennent au matin

Exercice de style, ou jaillissement pur ?



Faire que chaque instant vibre, comme éternel

Félin songeur, quand tu écris à ta voisine

Femme de mon voisin, dans ta bonté profonde

Flâner, que faire d'autre en ce monde insipide

Flattant ma vanité, un trop brûlant désir

Fleurs du fond du jardin, reflets impermanents

Fleuve parfois tari qui dans l'Histoire plonge

Frépillon | Goussainville | Issy-les-Moulineaux



Guillaume a rencontré les Irlandais nomades



Heredia, les sonnets dont tu m'ensorcelas

Heureux qui comme Ulysse entend de la sirène

Heureux qui, comme une huître, oncques ne fait voyage

Heureux qui peut reprendre une oeuvre très ancienne

Horloge aux mouvements altiers



I am Cromwell the dark

Icare traversant les cercles planétaires

Ici je ne dis pas la passion exclusive

Ici la passion du décor

Il a, ce petit vin, des couleurs épatantes

Il était assez vieux, Lord Arlen, le subtil

Il fallait mettre en croix le fils du charpentier

Il fit sa propre croix le fils du charpentier

Il n'est pas oublié, le parfum d'une rose

Il n'y a pas de Dieu, n'en ayez nulle crainte

Ils disent que Marie s'est envolée au ciel

Ils perdirent la vouivre, un soir...

Ils se sont assemblés, tous frères, fils d'Adam



Jadis, dans mon grenier, j'ai trouvé une lyre

J'admire les pavots qui transcendent la terre

J'ai croisé le héros à la triste figure

J'ai entendu parler d'un curé solitaire

J'ai eu pour précepteur un moine un peu mystique

J'aimais la poésie sans avoir jamais vu

J'aimais lire autrefois des récits incroyables

J'aime aller sur les blogs pour le plaisir de lire

J'aime tracer des mots dans un style archaïque

J'ai parfois l'impression d'être un double élément

J'ai rêvé. Je ne sais ce qu'en rêve j'étais

J'ai rêvé. J'étais clown, en tenue de marin

J'ai rêvé que j'errais au fond d'un souterrain

J'ai rêvé que j'errais sur une mer d'azur

J'ai rêvé que j'étais, dans le fond d'une grotte

J'ai rêvé que j'étais dans un exil lunaire

J'ai rêvé que j'étais devenu un archange

J'ai rêvé que j'étais devenu un nuage

J'ai rêvé que j'étais étranger sur la Terre

J'ai rêvé que j'étais sur une île déserte

J'ai rêvé que j'étais un monstre fier et lourd

J'ai rêvé que j'étais un taureau dans un pré

J'ai rêvé que j'étais un très grand poisson rouge

J'ai rêvé que j'étais, voyageant dans l'espace

J'ai rêvé que le monde était plein d'allégresse

J'ai rêvé que le vent emportait ma mansarde

J'ai rêvé que ma muse entrait dans mon bureau

J'ai rêvé qu'on m'avait mis en apprentissage

J'ai vu ces douze enfants privés de leur grand frère

J'ai vu Maître Lézard en pleurs dans les herbages

J'ai vu sur les graviers danser un pélican

Jamais de charpentier parmi les australo-

Jamais je n'ai voulu saisir l'insaisissable

J'aurais voulu chanter des mondes idylliques

J'avance, tout pensif, en ces lieux de pénombre

Jeanne affronta l'Anglais tout un jour de juillet

Jeanne allait au combat sur sa blanche cavale

Je chante des chansons avec Clément Marot

Je chante le héros, le vaillant narrateur

J'égratigne ma chair aux épines des roses

Je lis tes mots écrits dans la Chine lointaine

Je me revois, enfant, sur le rivage

Je me souviens de Cunégonde

Je me souviens d'un pont qui menait à l'école

Je m'étais réfugié, encore adolescent

Je mourus vers le soir, à la Sainte-Graisseuse

Je n'avais pas compté combien de petits verres

Je ne leur ferai plus la guerre

Je ne sais pas apprendre au fil des expériences

Je prie avec mes pieds, du matin jusqu'au soir

Je relis tous mes vers. Ils me viennent de toi

Je reste sous l'effet de ce poème étrange

Je rêve chaque nuit de traverser le ciel

Je reviens en un lieu familier jusqu'aux larmes

J'errais dans l'univers, comme font les cloportes

Je sortais d'une auberge. Un crocodile rose

Je suis content, car j'ai reconnu l'escalier

Je suis de bel acier, je suis un fier emblème

Je suis la voix qui crie à travers le désert

Je suis le moulinet, et je peux contrôler

Je suis loin de valoir mes aïeux troubadours

Je suis né un matin de Sainte-Blanchisseuse

Je suis un banlieusard de cinquante-six ans

Je suis un lapin vert, et les herbes fanées

J'étais duc, fils de duc, en position centrale

Je traîne la savate aux environs d'Albi

Je vais dans la forêt pour choisir un mentor

Je vois, dans le ciel clair, un cheval s'envoler

Je voudrais rencontrer un pluvian fluviatile

Jour et nuit sur la terre au même instant existent

Jules Renard me dit : Tu mets les mots en cage

Jules Verne a montré qu'on pouvait visiter

Jumeaux de Langevin, par votre éloignement

J'utilise pour feuille un écran chez les gens



La belle qui rêvait à son prince charmant

La boîte de haricots verts

La candidate a pris un long temps de parole

La céleste harmonie va bientôt résonner

La coccinelle rouge annonçait une fête

La confiture vol d'une flamme à la crème

La dame jaune craint les plumes érudites

La dentelle des mots sur la Toile est brodée

Laissons parler la fantaisie

La licorne arc-en-ciel au pays du Chaos

La licorne arc-en-ciel est partie sur la lune

La licorne, sortant de sa tapisserie

La lune a sa clarté, pour l'amant, pour l'amante

La lune en haut du ciel peigne sa chevelure

L'âme s'enfuit du corps avant d'être assouvie

L'amour est surtout vrai aux jours qu'il s'improvise

L'âne qui doit porter une provision d'eau

L'année qui va venir m'apparut, onirique

La nuit, dans la nature, en face d'une grille

Lao-Tseu, délaissant la condition humaine

La pécheresse qui vivait parmi les Douze

La période qui vient est dite électorale

La poésie fleurit sur les douleurs tranquilles

La poésie jamais ne peut servir de loi

La poésie ne craint l'ombre ni le mystère

L'archange de l'automne a vu son temps s'éteindre

La rose au long du jour contemple l'hirondelle

La rose est sans pourquoi, dit la métaphysique

La Seine au long des quais n'est point toujours la même

La substance du rêve est celle d'origine

La torpeur qui s'installe aux premiers jours d'automne

La vie de tous les jours a son lot de tourments

La vie peut sembler un problème intéressant

La vie ressemble à ces sonnets que je fignole

La vie ressemble à ces sonnets que nous torchons

La vigne a répondu : Petit, tu es vivant

La voie, tu dois la suivre, et non pas la comprendre

Le barde meurt de soif auprès de la fontaine

Le beau marin séduit des filles, à foison

Le bel automne que voici

Le bord de l'univers n'offre aucune ouverture

Le calligraphe inverse un flot de caractères

Le capitaine, en tenue d'astronaute

Le chant d'une pantoufle aux accents idylliques

L'écharpe rouge a fait appel à mon esprit

Le chêne et le roseau sont rarement d'accord

Le chien n'a point parlé, ni non plus la bécasse

Le concombre masqué rêve qu'il est un ange

Le concombre masqué vole à bord d'une enclume

Le conte ne dit pas quelle première phrase

Le créateur du monde

Le créateur du monde a montré trop de hâte

L'écriture accomplit une cuisson mystique

Le crocodile jaune a dit : Soyez fidèles

Le crocodile, un jour, disait à un pluvian

Le déluge s'assoit et le lièvre s'arrête

Le « Désordre Azerty » (du Maître Chevillard)

Le dimanche matin, près des boutiques closes

Le dragon vert me fit désirer la croissance

Le fils du charpentier est le dieu des poètes

Le fils du charpentier eut un cousin prophète

Le fils du charpentier fit un geste magique

Le fils du charpentier n'a pas dit Prends l'argile

Le fils du charpentier ne dit point « Sois soumise »

Le fils du charpentier ne vécut que deux plombes

Le fils du charpentier, qui n'avait pas d'argent

Le fils du charpentier, qui partageait son pain

Le fils du charpentier s'est changé en corbeau

Le fils du charpentier, sur sa croix accroché

Le fou jaune me parle, et veut que je lui dise

Le jardin et la croix, la plume et l'encrier

Le jardin ne craint pas de voir tomber de l'eau

Le lion, un beau printemps, s'éprit de la girafe

Le loup dit au lapin : « Que fais-tu, ces jours-ci ? »

Le Maître Confucius honorait les tombeaux

Le maître de ces lieux m'a confié son jardin

Le maître Laurent Schwartz instruisait ses élèves

Le maître me l'a dit : je suis un bon cheval

Le miroir se regarde au feu de la chandelle

Le monde étrange du sommeil

Le neveu trépassant élève un cor d'ivoire

Le pape en son jardin veut recevoir la reine

Le père Dupanloup en Chine s'exila

Le petit prince, épris d'une rose éphémère

Le pissenlit d'avril offrit trois parachutes

Le plaisir se nourrit de l'imagination

Le poète se lève, il se sent fier et fort

L'épouvantail s'est senti lourd

Le pouvoir exercé par un vieux général

Le primate humain voit qu'il n'a pas de nageoires

Le prince apprivoisant son copain le renard

Le printemps nous invite à des amours nouvelles

Le public remarqua d'abord l'obscurité

Le rat me garantit qu'il rongera la cage

Le rimeur est heureux s'il croit avoir du style

Le roi du pays bleu craint une sécheresse

Le roi jaune a voulu obtenir la richesse

Le roi qui trop aimait son savoir sans saveur

Les amoureux marchent pieds nus

Les animaux du monde étant désemparés

Les astres vagabonds sont aimés des poètes

Le seigneur Picrochole a donné pour consigne

Le sens d'une écriture, il est dans le regard

Le serpent au jardin fait sa digestion lente

Les forums offrent plus qu'une sollicitude

Les fourmis parcourant le tronc du marronnier

Le soleil déclinant a rougi les nuages

Le soleil, sur sa fin, ne peut qu'être fugace

Les parcs et les châteaux peuvent ressusciter

Les tables de la loi (du moins, je le suppose)

Les voiles des Français valent celles d'Espagne

L'été meurt. Dieu est faible, et toujours ça m'étonne

Le temps c'est nous, et nous sommes la fable

Le temps d'apprendre à vivre, il est déjà trop tard

Le temps jamais ne parle, et n'a point de visage

L'Être-là dans un bar a rencontré l'Unique

Le Valet Jaune a pris la carte où la sirène

Le vent du boulevard évapore mes larmes

L'évêque d'Orléans mangeait une grillade

Le zéro, dit le Maître, est le nombre accompli

L'hirondelle appela le cochon au parloir

L'homme à ses lendemains ne cesse de penser

L'homme, pour subsister, a jadis combattu

L'infini ne tient pas dans une petite âme

Lire l'alexandrin ne va pas sans méprises

Un cahier rose, un cahier mauve

L'on voit deux associés près de chaque animal

L'ornithorynque jaune a dit : Pas de complaintes

Lorraine aux vignes d'or où l'oiseau vole bas

Lorsque j'étais marmot, j'aimais la confiture

Lorsque Saint Nicolas demeurait chez son père

Lorsque Saint Nicolas était dans son berceau

Lorsqu'il veut s'amuser, Scarron se fout du monde

Lorsqu'un sage transporte un morceau de diamant

L'univers décrit par nos saintes écritures



Ma chair, a dit l'ermite, est une faible argile

Ma jeunesse enthousiaste est maintenant lointaine

Ma pensée suit son fil ainsi qu'une rivière

Marchant de Saint-Denis jusqu'à Aubervilliers

Marchant jusqu'au palais qui a sept ouvertures

Marcher, entouré d'un horizon de collines

Marins presque noyés par l'océan qui danse

Ma vie, est-ce ton crépuscule ?

Méduse d'un sureau, toi qui es introuvable

Merci pour ta parole amoureuse qui chante

Mes compagnons défunts, qu'en est-il de vos ombres

Mes souvenirs d'été : souvenirs de voyages

Mes textes composés aux lueurs des chandelles

Mes yeux ne savent voir plus loin que l'horizon

Moi, le primate humain, le seigneur de ce monde

Moi, pauvre Gabriel, archange du Seigneur

Mon coeur me dit que sans dormir ton âme pleure

Mon esprit est fragile, et n'est jamais très clair

Mon pouce a décidé que j'irais en voyage

Mon voisin du dessus, un grand marionnettiste

Muse qui souffre et qui s'égare



N'allons point nous livrer à la mélancolie

N'attends pas de la lune une douce chaleur

N'ayez pas de souliers dont la semelle est lisse

N'ayons pour ce forum de passion exclusive

N'écris pas trop limpide, écris comme un vivant

Ne crois pas la sirène aux futiles passions

Neigeux et Piaf-Tonnerre, allant à la brocante

Ne sois, muse d'Étienne, oncques trop altérée

Newton est allongé à l'ombre d'un pommier

Nicolas, qui de France es le plus fier emblème

Nicolas voit fumer la fin de sa chandelle

Nos chemins ici-bas ne sont jonchés de roses

Nos voix font un écho dans la vallée des morts

Notre corps est un arbre, a déclaré l'ermite

Notre univers parfois nous force à l'admirer

Notre vie est parfois en surprises fertile

Notre vie se fragmente avant qu'on ne la brise

Nous voici réunis, ce jour de Pentecôte

Nul ne peut le coincer dans les mots d'un sonnet



Oiseau tranquille et fier, je parcourais l'espace

On chasse le vieux livre, on s'y prend patiemment

On n'est pas sérieux quand on a cent vingt ans

On n'est pas sérieux quand on a cent mille ans

On n'est pas sérieux quand on a cinquante ans

On n'est pas sérieux quand on a deux mille ans

On n'est pas sérieux quand on a huit mille ans

On s'est pris l'apéro, bien contents de se voir

Or, certains jours sont beaux, au milieu de l'hiver



Pages qu'ici et là j'ai voulu mettre en ligne

Pâle reine des nuits où règne le silence

Pal noir, Coeur blanc, Pic roux, Cul vert, Clos bleu : quenelles

Pandore, ouvrant la boîte, a déchaîné les maux

Parce qu'il a parlé au meurtrier d'Abel

Parfois, un terrain vague est beau comme un jardin

Partager l'air du temps, est-il dans l'univers

Partager l'insomnie, partager un sourire

Pas de plus fort poison dans l'univers

Pégase, toujours jeune, aime encore voler

Petit livre souvent ouvert

Petit prince, sur Terre, une dernière fois

Piaf-Tonnerre a construit un château en Espagne

Piaf-Tonnerre alla voir le marchand de nuages

Piaf-Tonnerre a mangé la galette. Il est roi

Piaf-Tonnerre apprécie les ambiances de fête

Piaf-Tonnerre a rejoint la rivière pensive

Piaf-Tonnerre engloutit l'andouillette fumante

Piaf-Tonnerre est ici, sous le soleil qui monte

Pierrot chante un air

Plus que toi, plus que moi, notre amour voudrait vivre

Poésie ! Ô parcours furtif d'un campagnol

Pour ce barde, le monde est une île déserte

Pour féconder le sol, il faut que le ciel pleure

Pour observer un astre, il faut s'en tenir loin

Pour pantoufles, j'avais des bottines crevées

Pour qui n'a plus de voix, puisse rester le rire

Pour roi et pour manant telle heure doit sonner

Pourtant, l'apôtre Paul prétend qu'au paradis

Premièrement, n'est vrai que ce que notre esprit

Presque tous, nous savons comment dire « Je t'aime »

Prévert offre un festin à quelques libellules

Printemps dont l'an dernier se réchauffait mon âme

Puis la licorne, en reine déguisée

Puisque l'ange et l'étoile et que soleil et lune



Quand Gabriel a dit : « Marie, tu seras mère »

Quand je suis dans mon lit, sur le point d'en sortir

Quand la licorne blanche a fait un camembert

Quand le fil de ma vie ne m'inspirera plus

Quand le prince a choisi de quitter sa planète

Quand le serpent a cru à l'amour de la rose

Quand l'esprit s'installe en haut

Quand l'urbanisation mit à Rungis les Halle

Quand ma plume au matin est par trop endormie

Quand Marie-Madeleine a vu l'homme au jardin

Quand ton âme et la mienne, au maintien fier et fort

Quand vint la Saint-Éloi, ils furent trois orfèvres

Qu'as-tu vu dans le ciel, camarade astrologue

Que demander au Ciel, mes amis ? Pas grand-chose

Que jamais ces appels ne perdent leur élan

Que savent nos jardins de l'éclosion des roses ?

Que suis-je, un archiviste, un vieux conteur, un barde ?

Que vienne cet automne, et que nos amours mortes

Qui dira les pouvoirs d'une vibrante plume

Qu'il fait bon ne rien faire au long des jours d'été

Qui sait où sont les racines du vent

Quoi ? vous poussez les rats louant votre tutelle



Récit où le lecteur s'égare

Reçois ces quelques mots que j'écris aujourd'hui

Redoutons la raison et craignons l'ironie

Reprochons-nous à nos yeux

« Résurrection », disait ce matin le soleil

Rêvant d'une interprète en savoureux costume

Rien n'est aussi bleu que la lune

Robert se tient parmi les litres qu'on achève

Robert tire un alligator

Robert, tu entendais la voix de la Victoire



Saint Nicolas, ce jour, s'est montré matinal

Sans ces mots, nous irions vers le côté obscur

Scarron se fout du roi, et du ministre aussi

Seul le monde du rêve est toujours accueillant

Si Dieu n'existe pas, semble-t-il, c'est pareil

Si gris que soit un jour, on sait qu'il finira

Si j'allais devenir un vieillard amnésique

Si j'avais du métal, je ferais une cage

Si je me trouvais seul au sein de l'univers

Si je navigue, c'est pour contempler les eaux

Si j'étais confesseur des nonnes carmélites

Si j'étais un Gaulois, je serais un vieux druide

Si l'enfer me cuisait d'une ardente chaleur

Si nous avons choisi, enfin, de nous déprendre

Si responsable fut le prince de sa rose

Sitôt qu'une équation pour le chercheur est belle

Si tu veux composer un sonnet visionnaire

Si vaincre l'on pouvait toute perversité

Sous le ciel obscurci, je songe à toi, mon père

Sous mon toit autrefois revenait l'hirondelle

Sous Picrochole, une vaillante armée

Sous une lune bleue dansait une inconnue

Supposons qu'un enfer abrite des vivants

Sur le jardin et sur la cour

Sur le mur du jardin se repose un lézard

Sur le soir, j'entends un concert de hannetons



Tant d'arbres engloutis, agitant leurs rameaux

Tant de jours ont passé depuis que je naquis

Tel fut le prix payé jadis par la sirène

Tel, poursuivant son ombre au décours des saisons

The moon is very blue, at evening

This poem is symbolic

Tiennot, ça te va bien, d'être amoureux transi

Toi, le poète qui es reçu en tous lieux

Toi qui es mon nouveau printemps

Toi qui depuis deux ans es ma correspondante

Toujours l'homme a voulu savoir la vérité

Tous aujourd'hui unis dans une belle Europe

Tous les mots ont des couleurs

Tout au long d'un chemin, on voit avancer Jeanne

Tout ce qui devient texte est parole qui meurt

Tout est calme, aujourd'hui, au coeur de Saint-Denis

Tout le monde nageait. Tu lisais sur la plage

Triple aussi est Satan, monstrueuse unité

Trois àmes ont volé par-dessus la colline

Trois arbres se dressaient en haut d'une colline

Trois disciples, voulant à leur tour être Maîtres

Trois petits constructeurs ont un jour inventé

Trop d'espace au grand Nord, et ça nous étonnait.

Trouble à l'ordre public, a jugé le Romain

Tu l'as dit, Agrippa, la vie n'est pas si dure

Tu ne vois de ta vie la période initiale

Tu nous as demandé de sanctifier un nom

Tu veux savoir comment un sonnet vient au monde

Tu vis dans les jardins, où je te vois errer

Tu voudrais décrocher les astres de la nuit



Ulysse a regagné le lit de Pénélope

Un abri délabré dans le soleil levant

Un aigle à un cochon inculquait sa morale

Un alchimiste en un grand fourneau cuit

Un ange, c'est vraiment un étrange animal

Un an vient de passer, bref comme une semaine

Un apéro dans un décor champêtre

Un arrosoir troué de rouille

Un cochon, par hasard, trouvant un dictionnaire

Une année qui s'en vient est toujours la première

Une année serait-elle un tour de l'engrenage

Une fée vient au soir sauvegarder mon coeur

Une majorité de sénateurs gauchistes

Une pierre qui parle enseigne un monde, en vers

Un érudit rêva qu'il était un corbeau

Un érudit rêva qu'il était un trou noir

Un ermite écoutait le babil des princesses

Un gros agneau buvait à un tonneau de bière

Un jour deux judokas ont décidé de prendre

Un jour je reverrai mon village natal

Un jour je suis allé loin d'ici, chez Lilith

Un jour viendra la mort, et mon temps prendra fin

Un lecteur anonyme est assis près du feu

Un mathématicien, s'adressant au serveur

Un moine résidant loin de son monastère

Un mot écrit en bleu sur ces étranges pages

Un mot n'est pas toujours issu d'une pensée

Un ondin, qui suivait une route cachée

Un papillon de mai vole auprès du canal

Un pauvre doctorant regardait tristement

Un peu de jeu dans l'axe et cette roue immense

Un poète voudrait savoir pourquoi mes fables

Un prince a recherché les triomphes barbares

Un rêve partagé n'a rien de virtuel

Un roi barbare a mis sa culotte à l'envers

Un roi en manteau bleu offrit la liberté

Un savant, chaque soir, testait une tartine

Un seigneur d'autrefois aimait les enclosures

Un sonnet, c'est plus grand qu'un insecte ou qu'un ver

Un vieux maître se tient au bord d'un grand cours d'eau

Un vieux poète en son crâne amassait

Un vieux sylphe a bu

Un voisinage avec une dame de coeur



Va-t-il neiger demain, ciel de corbeau tordu

Va-t-il pleuvoir, ciel de château d'Espagne

Venez, frelons, mes tristes frères

Vers le nord du palais, tout au fond du grenier

Vers vingt ans, nous avions des leçons de portrait

Victor, amoureux d'Anne, est son doux compagnon

Victor Hugo confond la lune avec l'hostie

Victor Hugo explique aux arbres que son âme

Victor Hugo explore un territoire d'ombre

Victor Hugo se tient auprès d'une falaise

Victor voulait un dieu purement paternel

Vient le jour des rameaux, je me change en rimeur

Vieux comptoir de Cluny, comptoir juste assez long

Vigne de mon grand-oncle où je mangeais des figues

Village au soleil d'hiver

Vivre dans un jardin de femme polyandre

Voici de l'aube la pâleur

Voici le vieux Ballus marchant au pâturage

Voici quatorze grains de pure insignifiance

Voici venir le temps des pâquerettes roses

Voici venir le temps des savoureux costumes

Voici venu le temps des récits légendaires

Vole dans l'air un goût de cendre

Vous qui nous proposez des chemins lumineux